« HACKONS LE TRAVAIL ! » Futur en Seine, 09.06.16

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Du 9 au 12 juin, la capitale a accueilli Futur en Seine, le festival qui ouvre les portes de l’innovation et de la création au public.

Pendant 4 jours, l'évènement a servi de vitrine à plus d’une centaine de prototypes et de projets innovants, français et internationaux.
Il proposait également de nombreux ateliers et entretiens. Pixelis s’est rendu à la conférence Hack-tivity.
La Gaîté Lyrique est en effervescence en ce vendredi après-midi car c’est Futur en Seine ! Des chaises et des bureaux d’écoliers ont été installés au premier étage, appelé « Plateau Média », où sont disposés MacBook & curieux. Nous sommes dans un intermédiaire, intrigant, entre espace d’exposition, de co-working et d’écoute. Deux grands écrans projettent la conférence.
 
La discussion est animée par Antonin Torikian de l’Institut FaberNovel. En bon partenaire, nous étions ravis de pouvoir l’écouter de nouveau ! La table ronde est composée de Diana Filippova, start up connector à Microsoft, Pierre Dubuc, co-fondateur de OpenClassroom et Simon Bouchez, DG de Multiposting. Le thème de cette table ronde ? Deux questions d’actualité dont on ne finit pas de parler et de questionner : le salariat et la formation.

 

À l’heure du tout numérique, il est nécessaire de repenser le travail. En théorie ET en pratique.

Alors que les manifestations contre la loi El Khomri se poursuivent, les différents types de contrats suscitent plus que jamais le débat. Le statut d’auto-entrepreneur est-il synonyme de liberté ou de précarité ? Demain, travaillerons-nous tous en indépendant ? Le CDI est-il toujours le Graal de l’employé ?
Lors d’Hack-tivity, tous s’accordent sur un fait : les employés recherchent un CDI non plus pour ce qu’il est (une permanence du travail) mais pour ce qu’il représente : la sécurité. Son attrait découle principalement des avantages extérieurs qu’il offre, comme la possibilité de louer ou d’acheter un appartement, les protections sociales, etc.
Malgré la stabilité du CDI, 40 % des jeunes diplômés veulent travailler en indépendant.
Mais la peur de la précarité reste un frein. L’un des défis de notre futur proche sera de trouver des moyens d’instaurer de la sécurité hors du CDI.
Travail et emploi sont deux choses distinctes. Et si le travail évolue c’est surtout l’emploi salarial qui est remis en question.  Aujourd’hui le travail se pense de plus en plus comme un échange de fonctions et de compétences. L’entreprise traditionnelle apparaît alors comme un système trop hiérarchique, avec un partage des tâches arbitraires.
Si la start-up séduit ce n’est pas seulement pour ses open spaces et ses baby-foots, mais parce que les employés y voient une opportunité de travailler sur des projets novateurs et de retrouver du sens à leur emploi !


Deux nouvelles problématiques à l’horizon :  L’automatisation du travail et les nouveaux besoins en formation.

L’automatisation du travail, et donc la diminution du nombre d’emplois à pourvoir, qualifiés ou non, doit être anticipée. Cela concerne notamment les postes de bureaux, comme celui de secrétaire. Pierre Dubuc prend pour exemple Julie, son assistante. Julie est une application qui, une fois programmée, gère sa prise de rendez-vous et son planning de manière indépendante. Le robot envois lui-même des e-mails et les signe de son “prénom”. L’application est tellement convaincante que certains interlocuteurs correspondent avec Julie sans se rendre compte qu’il s’agit d’un algorithme.
 
Si de nombreux postes sont voués à « disparaître », d’autres s'apprêtent à naître ou n’ont pas encore été inventés ! La formation va donc prendre une nouvelle importance dans le futur.
 
En France, il existe le compte personnel de formation, qui permet de se former tout au long de sa carrière. Toutefois, il reste mal connu du grand public et le manque d’orientation et de conseils amène des personnes à se spécialiser dans des domaines qui par la suite ne recrutent pas. De plus, le CPF requiert que les salariés prévoient eux-mêmes les évolutions de leurs secteurs et de leurs emplois. Plus que jamais il y a besoin d’anticipation et de prospective, pour réfléchir sur les évolutions du travail à 5 ans, à 10 ans et plus. Un regard prospectif que tout à chacun peut, voire doit, acquérir afin de s’orienter stratégiquement et de saisir les opportunités naissantes et à venir !