Interview croisée : Pixelis & Courseur

 
Il y a 1 an, Pixelis accueillait dans ses locaux Courseur, une start-up de livraison de courses à domicile collaborative favorisant le lien social intergénérationnel. Pour l’occasion, on a interviewé Sébastien, fondateur de Courseur et Nicolas, l'un de nos directeurs de création ! Retour sur cette année de collaboration et de co-construction de la marque.
 
Sébastien, fondateur de Courseur :
"J’ai eu deux parcours de vie jusqu’à maintenant : un passé de militant et de communicant depuis mes débuts au WWF jusqu’à la création de l’ONG Respire sur la qualité de l’air. Et à la fois un passé de créateur d’entreprise et d’auto-entrepreneuriat, de commerce pur et dur avec la création du bar La Petite Chaufferie dans le Xème à Paris et des missions de relations publiques et relations presses pour des Startups comme Karos. C’est cette conjonction de parcours qui m’a donné l’idée de mutualiser les trajets de voiture de ceux qui vont au supermarché en zone rurale grâce à de la livraison accessible à tous, et particulièrement au service des personnes âgées ou dépendantes. Courseur est né de cette volonté il y a maintenant 2 ans !
 



Je connaissais Guillaume De Vesvrotte, Sustainable Innovation Catalyst chez Pixelis, depuis 10 ans. On a toujours été en contact parce qu’on partage les mêmes idées en matière de responsabilité sociale et de développement durable. Il m’a présenté Edouard, fondateur de Pixelis, qui m’a invité à m’installer dans les locaux de l’agence. J’ai d’abord commencé l’aventure tout seul. J’ai proposé à l’agence 148 de faire un prototype de mon application puis j’ai commencé à recruter rapidement un CTO et un jeune Designer. Ça m’a ensuite paru très naturel de discuter avec Pixelis de ma marque, de l’identité que je devais avoir pour Courseur.
 




Nicolas, DC chez Pixelis :
"Le modèle que Sébastien proposait nous a plu tout de suite. On s’est retrouvé dans les valeurs et l’engagement de Courseur. On s’est naturellement retrouvé à discuter, de la marque, de la manière dont on pouvait la faire exister… Le nom était déjà là et il marchait bien, il y avait tout un univers autour. Mais Sébastien souhaitait dépasser le concept d’un simple système de livraison. On s’est alors demandé comment mettre l’accent sur de l'humain et comment le rendre visible dans l’identité. Il y a eu une première phase exploratoire de logos avec des recherches très ouvertes. Sébastien a fait un premier pré-test. 2-3 pistes ont émergés sur lesquelles on a retravaillé et assez rapidement ce logo Courseur a été créé, avec cette typo, ce petit élément graphique, cette couleur dominante assez caractéristique.





On a fonctionné de manière itérative. Il n’y a jamais eu de grandes réunions formelles, mais plutôt de « l’entre deux portes » et de petits points informels. Le fait d’avoir Sébastien dans nos locaux a vraiment facilité les échanges et nous a permis de suivre les différentes étapes de la marque de façon fluide.
 
Sébastien :
C’est vrai, j’avais des grandes questions, notamment parce que je ne voulais pas forcément mettre en avant les valeurs environnementales et sociales. Je voulais plutôt mettre en avant l’idée qu’il y a un vrai service, qu’il y a un échange d’argent entre les gens, même si c’est collaboratif. Alors comment ne pas tomber dans le pur collaboratif ou le pur business ? Je ne connaissais pas bien l’univers du retail et Nicolas a cette expertise-là. Concernant l’identité, j’ai fait appel à Pixelis pour la création du logo de Courseur et l’agence m’a proposé plusieurs pistes créatives. Il y en a une qui a été une conjonction de cet esprit collaboratif, fun mais quand même sérieux avec la typographie. Ça donne un logo qui est en mouvement, frais. Pour la petite anecdote, je n’avais même pas choisi le logo que vous pouvez voir maintenant. Je l’avais montré à tous mes copains pour avoir leur avis et ils ont choisi celui que moi je n’aurai pas forcément choisi a priori. Mais si c’était leur vision, si c’est ça qui plaît et qui rejoint le mieux ce qu’est Courseur dans leur esprit, alors c’est ce qu’il fallait choisir.
 
Nicolas :
Sébastien n’est pas un client comme un autre, il n’est pas arrivé avec un brief formalisé, au contraire. On a co-écrit la demande. Le fonctionnement en test and learn permanent nous a beaucoup challengés. Nous avons intégré les retours des utilisateurs dès le départ. Ça rend humble et ça nous oblige à questionner nos a prioris ! C’est du design de l’écoute, du design qui va se co-construire. On n’avait pas de modèle existant avec Courseur mais au contraire un prototype de service qui va beaucoup s’adapter par rapport aux besoins. D’ailleurs Sébastien, tu avais en tête dès le début un certain modèle ou une certaine façon dont Courseur allait être utilisé et tu t’es aperçu sur le terrain que les gens l’utilisaient plutôt d’une autre façon. Et tu as réorienté ce qu’était Courseur.
 
Sébastien :
C’est vrai que moi j’arrive avec des idées mais qui sont challengeables tout le temps. Au final, en en parlant jour après jour avec Joël et Joséphine, les créas sur le projet, on a toujours de nouvelles idées qui arrivent.
Ce qui est marrant, c’est qu’au final je vis cette marque tous les jours au travers des remontées utilisateurs et il commence à se dégager quelque chose. Ce que j’ai appris avec Pixelis, c’est qu’au début en tant qu’entrepreneur, on est content d’avoir créé sa marque, mais on ne sait pas forcément quelle identité lui donner. Puis on s’en imprègne et le lien devient très fort. L’identité, l’ADN émerge et on sait qu’on ne peut pas s’en écarter pour garder son identité propre. C’est comme si vous m’aviez donné un passeport, et que maintenant je visualise qui est Courseur.
 
Nicolas :
Même si nous avons travaillé de façon très ouverte, nous avons guidé la création de la marque en ne lâchant jamais sur les fondamentaux : un signe, une typo, une couleur. C’est la récurrence de ces codes qui va faire qu’une marque devient forte.

 


 
Sébastien :
Dernièrement, on s’est justement rendu compte dans une réunion en interne qu’on avait dévié en quelque sorte de nos codes et on a pu refaire appel à Pixelis pour nous aider à les restructurer.
 
Nicolas :
…le fameux back to basic !
 
Sébastien :
Au final, je suis parti de zéro et aujourd’hui on est 7 salariés. On travaille avec Leader Price et Metro et on espère pouvoir déployer le service avec l’enseigne à l’échelle nationale. L’application Courseur est téléchargeable sur le Playstore et sur l’Apple Store".
 
Nicolas :
Le mot de la fin : Courseur est basé sur des valeurs de partage, de collaboration, de redynamisation de territoire, d’ancrage local qui répond à une vraie problématique en zone rurale. Une vraie reconnexion au sens citoyen".