Pourquoi raconter l'épopée d'une pâte à crêpe

#TendancesPixelis

Auteur : Muriel Veyries, directrice de la communication

EATERTAINMENT. Le mot est lâché. Un mix entre food, culture et marketing.

Les musées, la real TV et les medias en général, ont compris que tout ce qui touche à la nourriture a un énorme succès d'audience. Ils mettent tous en scène des émotions gustatives pour attirer un public de plus en plus large, de plus en plus jeune, en prenant bien soin de mélanger plaisir, esthétisme et optimisme. Le Mucem à Marseille nous propose l'expo "Food : produire, manger, consommer" et le musée Dapper, à Paris, expose "L'art de manger". Même les chefs se lancent dans des performances culinaires à l'intérieur des musées. L'eatertainment est très justement un véritable contrepied au contexte actuel.
 
Etat de crise continu, crispation du pouvoir d'achat et moral en berne... discours tour à tour contraignant, moralisateur et culpabilisant des marques lorsqu'elles nous parlent d'origine et de traçabilité des aliments, de consommation éthique, responsable... en bref, ça ne fait saliver personne. C'est comme si les marques alimentaires avaient oublié de se poser une question fondamentale : pourquoi les gens mangent ?
Réponse : d'abord pour le plaisir.
De nombreuses marques ne semblent pourtant pas avoir compris que pour que le banal soit moins banal, nous avons tous besoin d'inspiration. Faire de la cuisine du quotidien un grand spectacle est devenu un fantasme. Ici la marque va jusqu'à confronter l'univers de la cuisine avec celui de la conquête de l'espace.
Pour Nicolas Neau, Directeur de Création Pixelis, "Ce nouveau langage s'inspire directement de l'univers du cinéma. L'ingrédient devient star, la force du récit rend épique le quotidien, l'environnement fictionnel nous entraîne dans un rapport à la matière totalement fusionnel, la narration visuelle sollicite tous nos sens."
 
 Je crée donc j'existe. Ce mode de storytelling inédit dans l'univers alimentaire nous permet de dépasser la simple expérience d'achat pour nous faire vivre l'expérience de la création. Car aujourd'hui le plaisir est dans le faire. Et dans la valorisation de son expérience. C'est se mettre en scène soi-même in real life, c'est la rencontre du "moi" avec l'ingrédient, la confrontation avec une expérience créative.
 
Pour Nicolas Neau "En France, on ne s'amuse toujours pas avec notre alimentation. Pour l'industrie alimentaire les tabous sont encore bien présents. La cuisine reste une affaire sérieuse. La sacralisation de l'ingrédient, la noblesse du produit, une certaine forme de retenue culturelle se font au détriment de la dimension plaisir, de la création ludique. En dehors de l'hexagone l'approche du sujet est totalement décomplexée".
 
Bon appétit bien sûr...